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« Je respirai un grand coup, je me rapprochai de mon bureau et je fis la seule putain de chose que j'avais jamais su faire correctement.
J'écrivis. »
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« - L'histoire sur laquelle tu devrais travailler, c'est celle qui te travaille. Personne n'a envie de lire un livre où les choses se passent normalement, comme quatre-vingt-dix-neuf pourcents du temps. On lit ceux o* tout va de travers. Ou alors où tout est extraordinaire. Ou bizarre. Et il se passe suffisamment de choses bizarres ici pour qu'on soit dans ce cas de figure. C'est ta vie. Qu'est-ce que tu as fait pour en découvrir plus depuis que tu es rentré chez toi ?
- J'ai fureté partout dans la maison. J'ai regardé mes mails, mon PalmPilot, pour voir si j'arrivais à remettrre de l'ordre dans tout ça, et j'ai parlé à...
- Eh ben, ça me troue le cul ! T'as surement dû pas mal ruminer aussi ? Et jouer du saxophone jusque tard dans la nuit ? Tu veux aller de l'avant, ou continuer à fulminer ?
- Continuer à fulminer.
- Allez ! Je te vois coincé au premier acte et ton histoire t'échappe. Tu sais que tu peux faire mieux que ça. Ou tu fais avancer l'action, ou c'est l'action qui te fait avancer.
- Mais c'est pas un putain de roman !
- Tout est un putain de roman. Ce qu'il te faut, c'est un coup de bélier dans la porte de devant, quelque chose qui fasse irruption dans l'intrigue, un coup de pied dans la fourmilière. Un truc qui t'oblige à réagir. Qui t'oblige à agir. Le boulot d'un auteur, c'est d'abord et avant tout de ne pas avoir peur de ce qui peut arriver.
- Mais j'en ai peur !
Je n'avais pas mesuré à quel point, jusqu'à ce que j'entende ma propre bouche le lui crier. Je crevais de trouille à l'idée de ce que j'allais découvrir, et cette peur m'empêchait d'avancer. »
Gregg Hurwitz - Je te vois
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